Nouvelles formes de travail et de management : Quelles mutations du monde du travail interpellent les pratiques de management ? – Compte-rendu

atelier du mercredi 13 septembre « défis contemporains », de 14:00 à 16:00

Présentation de l’atelier

En 2003, Renaud Sainsaulieu et quelques collègues choisis se demandaient « Pourquoi j’irai travailler ? » et la question était déjà d’attirer et de fidéliser les meilleures ressources. On parlait alors de pressing, de gardes d’enfants, d’ordinateurs portables…

Nous vivons un temps de remise en cause de la centralité du travail dans nos vies et de percussion d’un modèle doloriste du travail avec, au centre de nos existences, un triptyque : travail, famille et amis. Le modèle de la « loyauté » est amené à admettre d’autres modèles d’organisation comme l’illustre cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=n7dGxIb9b4U

Le contexte : 42 % des moins de 35 ans envisagent de démissionner dans les 12 prochains mois. 

L’APSE organise depuis 25 ans des rencontres-débats autour d’une pluralité de travaux qui éclairent les nouvelles formes de travail et leurs impacts sur le management. Depuis cette année, l’APSE a également constitué un observatoire des thèses autour de la sociologie de l’entreprise, parmi lesquelles 60 portent sur des sujets managériaux transverses dans tous les secteurs, y compris le secteur public et l’ESS, et combinent souvent des approches gestion et SHS.

Travaux en sous-groupes

Une trentaine de participants, dont un tiers à distance.

Trois questions posées lors de cet atelier : 

1, Comment a évolué, selon vous, le rapport à l’autorité au cours des dix dernières années en entreprise et en organisation ? 

2, Quelle est la pratique managériale que vous connaissez et qui vous semble utile ?

3, Quels sont les travaux que l’APSE devrait/pourrait conduire et en mettre en partage sur ces thèmes ? 

Restitution

– Les participants de l’atelier ont pu souligner la recrudescence des « bullshits jobs » avec l’effacement du travail réel et la nature de l’autorité qui perd ses fondements. 

– Crise de vocation du premier niveau d’encadrement. Avec nous mais isolé dans l’équipe. 

– L’enjeu de créer des espaces de discussion des règles. Manager, cela revient à créer des espaces de paroles pour s’entendre dire des choses que l’on n’a pas envie d’entendre ! 

– C’est le pacte social des 30 glorieuses qui est affecté : surinvestissement contre ascension sociale et bien-être généralisé. 

– Partout, on constate une dégradation des relations de travail, des formes de solitude et d’épuisement. Mais les participants de l’atelier ont pu souligner l’importance du contexte culturel et organisationnel. Il n’est pas d’acte de management qui ne soit pas situé culturellement. 

– La menace de l’autorité des algorithmes et des plateformes. Plus prévisible, plus froid, plus juste ? 

– Les employés ont de nouvelles possibilités de se défendre face aux risques psycho-sociaux et il en découle une judiciarisation croissante des relations de travail. Derrière chaque comportement, tend à se cacher une règle de droit. 

– Des salariés de plus en plus individuels dans leurs préoccupations. Il s’ensuit une solidarité fragilisée. 

– Dans cette mesure, le système de l’entreprise est-il armé pour répondre à la montée en puissance de l’esprit critique ? 

 – Pour l’APSE, des pistes pour demain :

  • Quels travaux sur le renforcement de la subsidiarité ?
  • Quels contours des entreprises à mission après la crise COVID ?
  • Quelles possibilités de création de collectifs qui étudient un problème social mais œuvrent ailleurs que là où est le problème social ?
  • Quelles dynamiques du « co-développement dans les entreprises » ?
  • Quels regards portés sur les groupes d’analyse de pratiques 40 ans après ?
  • Quelle valorisation importante pour l’APSE qui propose beaucoup de choses (trop ?) mais ne trouve pas toujours un public de plus en plus diversifié ?
  • A quoi sert vraiment le DRH au temps de l’IA ?

Animation :

Philippe Pierre est conférencier, formateur, coach, docteur en sociologie de Sciences po Paris, consultant et accélérateur de talents (intergénérationnel, gestion des talents, performance des équipes diversifiées, mobilité des cadres, leadership et universités d’entreprise).

Blaise Barbance est délégué à la vie associative de l’APSE, en mécénat de compétence avec Groupama, Il promeut le développe l’utilisation concrète de la sociologie dans les organisations.

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